Les annonces commerciales, les affiches et le graphisme publicitaire ont modifié l’environnement visuel de plusieurs générations. Au départ conçues dans la simplicité, elles ont évolué en même temps que les technologies des dernières décennies.

Les affiches ont cherché leur identité : parfois sobres, informatives, dynamiques, attractives, ou uniquement promotionnelles, elles ont souvent attiré l’attention, voire même créé les débats.

En effet, les campagnes de publicités ont rarement laissé les audiences indifférentes, et la créativité de celles-ci y est pour beaucoup. L’aspect visuel est l’un des premiers messages, c’est grâce à lui que les passants prennent le temps de s’arrêter, pour observer et décrypter les informations. Le but d’un outil de communication est simple : séduire les annonceurs et interpeller les consommateurs. Au départ, une population de masse est visée, l’inventivité des annonces commerciales répond alors à un besoin d’attirer l’attention ainsi de pouvoir plaire à un maximum de personnes. Esthétiquement parlant, les affiches sont ainsi devenues un véritable outil de communication. Elles n’ont pas toujours été dynamiques, colorées voire même accrocheuses. À leur naissance, seules de la typographie et de simples phrases étaient présentes. Au fil des générations, les affiches se sont professionnalisées, ont été plus réfléchies, en fonction de l’audience visée, de l’emplacement souhaité, du message que les marques souhaitent faire passer. Les métiers graphiques existent pour mettre en image un axe publicitaire, qu’il soit informatif, promotionnel ou dénonciateur. Parfois fascinantes, d’autres fois critiquées, les créations commerciales sont rarement restées dans l’ombre.

Visant principalement les consommateurs, elles ne laissent pourtant pas les artistes indifférents. Si bien que l’art et la publicité ont souvent un lien réciproque.

En effet, ces deux domaines ont en commun une passion pour la créativité, leur hantise étant de laisser indifférent. L’art existe dans le but d’engendrer une réaction. C’est un ensemble d’œuvres qui ne sont pas toujours évidentes à interpréter pour le public, et qui ne sont pas toujours admirées non plus. Parallèlement, la publicité se doit d’être appréciée pour une question de rendement et d’efficacité. L’art et la publicité n’ont croisé leur chemin qu’au milieu du 19ème siècle, où beaucoup d’artistes ont travaillé pour la publicité. Le premier exemple est celui du peintre anglais J. Everett, qui accepte l’offre d’un fabricant de savon, voulant faire de son œuvre un dispositif promotionnel. Autre exemple durant les années 20, en Russie, le peintre et photographe Alexandre Rodtchenko ainsi que le poète Vladimir Maïakouski s’associent pour créer des affiches expressives dans le but de redynamiser le pays, après une époque de guerre. La majorité des habitants ne sachant pas lire, ils ont commencé à s’intéresser à la créativité.

De leur côté, les artistes y trouvent un moyen d’expérimenter leurs talents différemment. Autre aperçu du phénomène des artistes travaillant pour la publicité : Salvador Dali a su séduire ce milieu stratégique, avec, par exemple, sa refonte du logo Chupa Chups. Le pop-art a d’ailleurs souvent été lié à la consommation, puisqu’il voit le jour pendant la période des Trente Glorieuses. Autre grand nom : Andy Warhol. Moins connu du grand public, son métier de dessinateur publicitaire a impacté sa profession d’artiste. Il a en effet travaillé pour la marque Perrier ou encore Apple dans les années 80. Les publicités deviennent alors de véritables œuvres d’art, il n’est pas rare que les passants arrachent les affiches pour les garder.

En effet, les années 80 marquent la naissance de l’affichomanie, qui  consiste à collectionner des affiches. L’engouement marqué pour celles-ci devient un signe de bon goût et le fait de les emmagasiner est en vogue.

Alors que certains les prennent directement dans les rues, un marché de l’affiche voit le jour. Les colleurs d’affiches sont largement sollicités, voire souvent corrompus, afin d’obtenir les publicités les plus prisées par les collectionneurs. Les entreprises de communication en sont régulièrement agacées. Du côté des sociétés d’impression, ils réservent leurs meilleurs tirages au monde de l’art. La population peut même assister à la naissance de revues spécialisées qui lient art et affiches.

Les publicitaires aiment s’inspirer d’artistes, en utilisant parfois leur fibre artistique alliée au côté promotionnel du support.

L’ambition des marques est de devenir cultes, et engendrer passion, admiration et respect.

De plus, du côté des consommateurs, ils portent un intérêt pour le travail des graphistes. JCDecaux et TNS Sofres, dans leur étude “City Voice, la communication permanente” datant de 2012, démontrent que l’affichage est jugé fiable, utile, pratique et rassurant à 78%. C’est encore aujourd’hui un outil important pour mettre en avant l’image d’une marque : il est fréquemment utilisé pour sa fiabilité et son efficacité. Chaque forme de communication a son esthétisme et son identité, cet impact graphique est désormais ancré dans notre culture. L’œil humain étant habitué à voir de nombreuses publicités chaque jour, il en décèle souvent facilement les messages.

Sources :

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